Elle s’appelait Irène. Elle avait 37 ans. Elle était maman de trois beaux enfants. Elle était infirmière et ça lui allait bien. Douce, sensible et entière, elle était aussi énergique et généreuse. Elle vivait dans sa maison, à la campagne avec son mari.
J’ai travaillé avec elle en réanimation pédiatrique quelques années. Nous formions avec Marilyne et Christine une belle équipe. Le travail était dur mais nous étions jeunes infirmières et nous partagions beaucoup de bons moments ensemble.
J’ai été témoin à son mariage. Elle était alors enceinte de Thibault. Cet enfant, elle l’avait voulu et désiré plus que tout. Elle s’était battue contre son propre corps même lorsqu’elle s’était entendue dire qu’elle n’en n’aurai jamais. Elle rayonnait.
Puis est arrivé Tristan. Une surprise juste derrière son frère. Puis Perrine…
Nous nous retrouvions chez elle pour des repas suivis de grandes parties de Uno et de grandes conversations entre filles...
Puis la vie nous a séparée. Le temps aidant, les visites puis les coups de téléphones se sont espacés. Mais souvent, un mot, une image faisait resurgir les souvenirs…
« Il faut que je l‘appelle » mais on appelle pas… trop tôt, trop tard, trop de chose a faire…puis le temps qui passe…
Et puis jour un coup de fils. Mais pas celui qu’on aurait voulu entendre. Irène était partie et avait emmené avec elle ses trois petits bouts d’elle-même…
Geste incompréhensible lorsque l’on connaissait Irène. Comment croire qu’elle est pu faire une telle chose à ses enfants qu’elle aimait par-dessus tout. J’entends déjà les commentaires méchants des « bien-pensants ». Elle aura voulu faire du mal à son mari qui était sur le point de la quitter. Elle est égoïste. Elle n’aimait pas ses enfants...Ce serai mal la connaître.
Je veux croire que l’idée de laisser une partie d’elle-même derrière elle lui était insupportable. Je veux espérer qu’elle n’a pensé qu’à eux en les entraînant avec elle. Je sais qu’elle les aimait tant qu’elle ne voulait pas les savoir malheureux.
Elle les a endormi avec des médicaments, elle a écrit une lettre, elle a allumé le feu dans la maison et a mit fin à ses jours aux côtés de Thibault, Tristan et Perrine. Les flammes ont tout englouti, effaçant leurs existences entières. Il ne reste rien…Irène a voulu tout emporter…
Elle nous laisse pourtant le souvenir de ses rires, de ses coups de colère, de sa douceur, de son énergie, de sa délicatesse avec ses patients…Elle nous laisse un vide empli de joie et de bonheur. C’est cette image que je veux garder d’elle.
Elle s’appelait Irène. Elle avait 37 ans et trois beaux enfants. Elle était infirmière en pédiatrie. Elle nous a quittée le 27 mai avec ses trois enfants...Elle était mon amie…
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